Journée Mondiale des réfugiés à Bandiagara
JMR 2026 : Le HCR de Bandiagara mobilise la presse locale, acteur clé de la protection des réfugiés
Bandiagara, le 18 juin 2026 – Dans le cadre des activités marquant la Journée mondiale du réfugié 2026 et le 75ᵉ anniversaire de la Convention de Genève, la sous-délégation du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Bandiagara a organisé, en amont des célébrations officielles, une rencontre d’échange avec les médias locaux. L’objectif : renforcer la connaissance du mandat de l’agence onusienne, mais surtout, définir la feuille de route des journalistes dans l’édification d’une protection inclusive et durable.
Onze organes de presse – radios, web TV et responsables de médias – ont répondu présents à cette session tenue dans les locaux flambant neufs de la sous-délégation. Pendant quatre heures, les professionnels des médias ont été invités à s’imprégner des principes humanitaires qui guident l’action du HCR, avant de passer en revue les réalisations de l’agence dans les régions de Bandiagara, San, Douentza, Mopti, Tombouctou et Taoudeni.
Un rôle de sentinelle sociale et de ciment entre communautés
Au-delà de la simple diffusion d’informations, les échanges ont mis en lumière un point central : le rôle fondamental des hommes de médias comme garants de la cohésion sociale et acteurs de première ligne de la protection. Dans un contexte sahélien marqué par la pression sur les ressources et les risques de stigmatisation, les journalistes locaux sont appelés à endosser plusieurs responsabilités cruciales :
· Des sentinelles contre les tensions : par leur ancrage territorial, ils sont les premiers à détecter les signaux faibles de méfiance ou de conflit entre communautés hôtes et réfugiés, permettant une réponse préventive.
· Des remparts contre la désinformation et les discours de haine : en promouvant des récits factuels et positifs, ils contribuent à déconstruire les stéréotypes (notamment l’idée reçue selon laquelle les réfugiés seraient une « charge ») et à mettre en lumière leur apport à l’économie locale (main-d’œuvre, commerce, consommation).
· Des porte-voix des populations exilées : en donnant la parole aux réfugiés eux-mêmes, ils humanisent le débat et permettent à ces derniers de raconter leurs parcours, leurs talents et leurs aspirations à l’autonomie, participant ainsi à leur reconnaissance citoyenne.
« Tisser des ponts, ne pas les briser » : le plaidoyer d’Ibrahima Diane
Le chef de la sous-délégation, Ibrahima Diane, a insisté sur la dimension humaine de l’intervention humanitaire. « Nous bâtissons des ponts, nous ne les brisons pas. Mais pour que ces ponts soient solides et durables, il faut que l’information qui les traverse soit juste, équilibrée et apaisée. C’est là que votre rôle, hommes de médias, est irremplaçable », a-t-il martelé. Il a ensuite appelé à l’entretien permanent de bonnes relations entre communautés, un défi d’autant plus crucial que la région de Koro abrite à elle seule l’essentiel de la population réfugiée du Mali, soit 205 738 personnes, venues pour la plupart du Burkina Faso voisin.
Une préparation active des commémorations de Koro
Cette rencontre a également servi de vitrine pour annoncer les festivités régionales de la Journée mondiale du réfugié, qui seront magnifiées cette année dans la ville de Koro. Plusieurs activités sont prévues, notamment des donations du HCR destinées aussi bien aux réfugiés qu’aux communautés d’accueil, dans un esprit de partage et de solidarité. La presse locale est attendue comme un partenaire essentiel pour couvrir ces événements et sensibiliser massivement les populations.
Une cérémonie de lancement sous le signe de l’engagement collectif
La séance d’ouverture a été coprésidée par le représentant du gouverneur, le Colonel Yaya Diarra (chargé de la sécurité et de la protection civile), et par Ibrahima Diane. Le préfet de Bandiagara, Amadou H. Maïga, accompagnait le colonel. Au nom de la presse locale, le représentant régional de l’URTEL, Oumar Guindo, a salué l’initiative en ces termes : « Nous sommes conscients de notre lourde responsabilité historique, surtout en cette année du 75ᵉ anniversaire de la Convention de Genève. La presse de Bandiagara entend jouer pleinement son rôle de veille citoyenne et de facilitateur du lien social. Nous sommes prêts à accompagner le HCR, non pas en simples spectateurs, mais en acteurs engagés pour une meilleure protection des réfugiés. »
En cette période commémorative, cette rencontre avec la presse illustre la volonté du HCR et des autorités maliennes de placer l’information responsable et la cohésion sociale au cœur de la réponse humanitaire, afin que les réfugiés ne soient plus seulement des bénéficiaires passifs, mais des acteurs reconnus et intégrés dans le tissu local.